Category Archives: La musique salsa

Les instruments de la musique salsa

Les instruments de la salsa peuvent se répartir en deux sections :

- la section rythmique, qui comprend les percussions, le piano et la basse,
- la section cuivres, qui comprend les trompettes et les trombones, plus rarement des saxophones (qui ne font d’ailleurs pas partie de la famille des cuivres, mais des… bois !).

A) LA SECTION RYTHMIQUE :

1) Les percussions :

a) Les congas (également appelées tumbas ou tumbadoras) :

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Congas
Maraca Y Otra Vision – La Villette – 07/08/05 – photo François

Leur origine est africaine. Elles consistent en fûts de bois de grande taille (ils arrivent au-dessus du bassin d’une personne assise), recouverts d’une peau animale ou synthétique. On les joue avec la main ouverte, par paires le plus souvent, parfois par trois, par cinq pour les plus virtuoses.

Congueros célèbres : Chano Pozo, Ray Barretto, Giovanni Hidalgo

 

 

 

b) Les timbales (également appelées paila ou paila criolla) :

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Timbales
Mercadonegro – Parc floral – 10/07/05 – photo François

Leur origine est européenne. C’est une transformation des timbales d’orchestres symphoniques et des orchestres militaires. Elles consistent en deux fûts métalliques, posés sur un trépied, recouverts d’une peau plastique et se jouent avec des baguettes sur la peau ou sur le fût. Elles sont complétées par une cymbale, des cloches et fréquemment par un instrument en plastique dur qui permet de jouer la clave. Dans la timba, elle sont incluses dans le set du batteur.

Timbaleros célèbres : Tito Puente, Changuito

 

 

 

c) Le bongo et la cloche (également appelée campana ou cencerro) :

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Bongo et cloche
Mercadonegro – Parc floral – 10/07/05 – photo François

 

Le bongo (au singulier) est d’origine cubaine. Il consiste en deux fûts de bois reliés entre eux, que le musicien assis tient entre les jambes et joue avec la main ouverte ou seulement quelques doigts. Il se complète de la campana, cloche à main qui se joue avec une petite batte épaisse, que le bongocero joue sur certains passages du morceau.

Bongoceros célèbres : Roberto Roena, Jose Mangual

 

 

 

d) Les percussions dites “mineures” (qui sont facultatives, et souvent jouées par les chanteurs ou les choristes) :

- la campana :

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Cloche
Sierra Maestra – La Villette – 07/08/05 – photo François.

on a vu qu’elle fait partie du set du bongocero (voir ci-dessus),

- le guïro :

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Guïro
Maraca Y Otra Vision – La Villette – 07/08/05 – photo François

une calebasse (une simple courge) séchée et vidée, sur laquelle on été pratiquée des rainures qu’on gratte avec une petite baguette ; il existe une imitation en plastique de cet instrument, plus solide,

- les maracas : deux petites calebasses ou poches de cuir cousues dans lesquelles on met des graines et auxquelles on rajoute un manche, qui se jouent en les secouant en rythme,

- la clave : composée de deux bâtons de bois très dur, qu’on entrechoque, et qui donnent le rythme de base de cette musique.

2) La basse  :

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Basse
Mercadonegro – Parc floral – 10/07/05 – photo François

 

Qu’il s’agisse de la traditionnelle contrebasse acoustique en bois, de la fameuse contrebasse électrique dite “baby bass”, d’une basse électrique simple ou de tout instrument plus moderne, son rôle est le même : elle assure à la fois l’assise rythmique avec les percussions, et l’hamornie du morceau avec le piano.

Bassistes célèbres : Israel “Cachao” Lopez, Juan Formell, Bobby Valentin

 

 

 

3) Le piano  :

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Piano
Mercadonegro – Parc floral – 10/07/05 – photo François

Piano acoustique, électrique ou tout type de clavier assurant un son équivalent, le piano assure un soutien rythmique et harmonique constant, qui pourrait suffire à lui seul à faire danser.

Pianistes célèbres : Eddie Palmieri, Papo Lucca, Ruben Gonzalez

 

 

 

B) LA SECTION CUIVRES :

La section cuivres assure en salsa un peu le même rôle que celle des big bands de jazz ou des cuivres dans la soul et le rhythm’n’blues. Un rôle mélodique important dans les parties instrumentales d’un morceau, des couleurs musicales réparties entre ses différents pupitres, et souvent quelques interventions solistes.

Les caractéristiques musicales des instruments à embouchures (trompettes et trombones) leurs permettent des sons plus explosifs et une infinité de possiblités de phrasés selon la position de la langue et des lèvres sur les embouchures.

 

 

1) Les trompettes :

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Trompette
Sierra Maestra – La Villette – 07/08/05 – photo François

Dans une section cuivres, ce sont elles qui donnent le son aigü, métallique et brillant.

2) Les trombones :

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Trombone
Jimmy Bosch – Parc floral – 10/07/05 – photo François

Leur registre est plus grave, leur son plus gras, et ils permettent des sons “glissés” grâce à leur coulisse.

3) Les saxophones :

Instruments à anches, ils ont un son plus doux qui s’adapte moins bien au style musical de la salsa. Très fréquent en latin jazz, où son rôle est proche de celui qu’il a dans le jazz, il est plus rare en salsa. On en trouve cependant dans les grosses sections de cuivres des orchestres de mambo. On ajoute parfois également un saxophone baryton (l’un des plus graves) pour compléter une section de trompettes et de trombones.

Voilà de quoi composer un bon orchestre de salsa, sans oublier les voix : chant lead et choristes !

Quelques chanteurs incontournables : Celia Cruz, Beny Moré, Ismael Rivera, Hector Lavoe

 

La salsa, c’est quoi ?

Pour commencer, tentons de lever une petite ambigüité sur le terme salsa.

Celui-ci désigne deux choses différentes :
- la musique que les musiciens de la communauté nuyoricaine (c’est-à-dire portoricaine de New York) a créé à la toute fin des années 60,
- un vaste genre musical, dont la salsa nuyoricaine, telle que définit ci-dessus, fait partie (il serait peut-être plus juste, dans ce cas, de parler des salsas, au pluriel).

D’une part, donc, un style musical très précis, dont les lieu et date de naissance sont connus, d’autre part, une famille de différents styles d’époques différentes, dont les contours ne sont pas faciles à définir précisément, mais qui présentent des caractéristiques communes .

Ces caractéristiques communes, quelles sont-elles ?

Des ancêtres communs

Historiquement, tout vient de Cuba et des différents styles musicaux qui s’y sont joué depuis les XVIIIe – XIXe siècles : le danzon, la rumba et, surtout, le son, plus tardif (début XXe siècle).

Le rythme de la clave

Ce rythme particulier, asymétrique, mêlant, à l’aide de cinq petites notes de rien du tout, tension et relâchement rythmique, sert de colonne vertébrale à toute cette musique.

Il exerce une véritable dictature rythmique sur tous les instruments de l’orchestre, et sa présence dans toutes ces musiques donne à cet ensemble de styles une identité, une cohérence, bref, un petit air de famille indéniable.

On peut presque parler de la famille des musiques “en clave”.

Une orchestration caractéristique

On peut également relever la présence des mêmes instruments dans tous les styles de la famille (cf. Les instruments de la musique salsa pour plus de précision).

On y trouve trois percussions : les congas (issues de la rumba), le bongo (qui vient duson) et les timbales (héritées du danzon), ainsi que le piano et la basse. Sont également présents une section cuivre, ainsi qu’un chanteur et des choristes, dont l’importance est primordiale, comme nous allons le voir pas plus tard que là, maintenant, tout de suite.

Une structure musicale facilement identifiable

On pourrait parler de la façon dont un morceau de salsa se déroule, de son introduction jusqu’à sa conclusion, et mettre en évidence une façon traditionnelle d’organiser, de structurer la salsa.

Mais la plus évidente à identifier, et peut-être la plus caractéristique, la plus originale des parties d’un morceau de salsa est ce qu’on appelle le montuno : dans cette partie, les choristes chantent toujours le même choeur, de manière répétitive, et le chanteur leur répond.

Traditionnellement, dans cette partie, les “réponses” du chanteur (les soneos oupregones) sont improvisées : rythme, mélodie, texte (avec les rimes !) y sont inventées sur l’instant, pour raconter une anecdote, commenter la situation politique du moment ou séduire la spectatrice du premier rang !

Alors, la salsa ou les salsas ?

On peut donc regrouper toutes les musiques présentant ces mêmes éléments dans la famille des salsas, et lorsque quelqu’un vous dit qu’il danse la salsa, il ne fait pas forcément référence au style nuyoricain des années 70, mais à toute la petite famille.

Ce n’est bien entendu pas une utilisation impropre du terme, mais elle est peu précise, puisqu’elle fait référence à un ensemble de styles qui, certes, ont des ressemblances importantes, mais sont malgré tout parfois très différents les uns des autres.

Chacun de ces styles portant un nom, il est intéressant de les identifier chacun pour ce qu’ils sont (mambocha cha chatimbabolero, la liste est quasiment infinie).

On pourra réserver le terme salsa pour désigner ce qu’elle était à l’origine, la musique nuyoricaine des 70’s. Celle qu’on désigne également désormais par le terme de salsa dura, ou gorda, ou clasica, pour la différencier des styles apparus plus tardivement (comme la salsa romantica).

Avec Timingclass.com et nos différentes stages, nous nous sommes fixés l’objectif de vous donner les points de repères pour naviguer dans ce vaste univers.